En s'appuyant sur la complémentarité de compétences de laboratoires et sur l'expérience d'industriels, le projet Coclico a pour objectif de réunir les efforts de partenaires travaillant dans le domaine des «forges logicielles». Les forges sont des environnements Web indispensables pour le développement collaboratif de logiciels. De telles plate-formes sont aujourd'hui un enjeu pour répondre aux problématiques que doivent gérer les entreprises en termes de développement collaboratif et distribué de logiciels:
o Organisationnelles: intégration des équipes d'outsourcing, équipes distribuées dans plusieurs pays, renouvellement des équipes, collaborations ouvertes sur l'Internet, télétravail, standardisation des moyens, etc.
o Techniques: évolutions technologiques, implémentation de méthodologies qualité, gestion de la complexité, sécurité des accès, intégration continue, cohérence des offres.
o Financières: réduction des budgets, réutilisation des composants logiciels, pérennité des outils.
Historiquement, les forges ont été popularisées par la plate-forme SourceForge, apparue lors de la montée en puissance des développeurs open source pour permettre les collaborations à l'échelle de la planète et l'hébergement gratuit d'un projet de développement de logiciel libre sur ses serveurs. Des besoins similaires ont par la suite émergés dans les entreprises. Ils culminent aujourd'hui avec la notion d'entreprise virtuelle lorsque les sociétés ont recours à des compétences externes (offshore, sous-traitants locaux, consultants) pour des périodes parfois très courtes.
Pour apporter une réponse à ces besoins, plusieurs solutions de forges industrielles existent, notamment en intégrant un socle logiciel libre dérivé de souches Sourceforge ou Gforge, lui même issu de Sourceforge.
Des versions de Gforge ont été très largement déployées pendant les 3-5 années passées, comme réponse rapide et opérationnelle aux besoins des équipes de terrain confrontées aux défis du développement collaboratif. Ces déploiements se sont fait parfois sans vision à moyen terme, à l'insu des directions informatiques, souvent indépendamment d'une stratégie d'un vendeur et rarement de façon coordonnée avec la communauté open source.
Il s'est ainsi créé un ensemble important de forges dans des domaines différents. Tom Copeland recense en ce qui concerne Gforge (http://gforgesites.infoether.com/) 106 sites qui cumulent à ce jour près de 200 000 comptes utilisateurs et 23 000 projets. Les thématiques sont variées et on peut citer les exemples non exhaustifs:
En parallèle, des initiatives portées par des industriels ont cherché à promouvoir l'approche et la valeur ajoutée de telles forges, en y intégrant les contraintes de l'entreprise. De nombreux industriels membres du projet (Bull, Orange, Xerox), comme d'autres en France (Alcatel-Lucent, CS, EADS, etc), ont ainsi déployé des forges en interne qui sont devenus une pièce essentielle de leur outils de travail. La forge d'Alcatel-Lucent regroupe par exemple 250 projets et 4000 utilisateurs. Celle de Xerox héberge 400 projets et 3000 développeurs.
Aujourd'hui, ce grand nombre de projets, qui utilisent parfois des versions modifiées, fait de Gforge un standard de fait, et un «pivot» en matière d'intégration d'outils métier autour d'une «forge logicielle».
Pourtant, bien qu'il y ait des milliers d'utilisateurs de Gforge, on peut constater qu'aujourd'hui la communauté de développement Open Source de Gforge est peu dynamique, fragmentée. Une impulsion industrielle et Européenne est nécessaire pour garantir sa pérennité et l’évolutivité des logiciels intégrés dans cette plate-forme, et sécuriser l'évolution fonctionnelle pour les milliers de projets qui utilisent Gforge ou ses dérivés au quotidien.
Le projet Coclico se base sur différentes forges toutes dérivées de souches Gforge/Sourceforge, qui évoluent aujourd’hui dans des directions similaires pour répondre à des besoins qui sont très souvent les mêmes.
Le projet s’oriente vers une convergence progressive de ces forges. Dans cette optique, le projet travaillera autour de deux axes principaux: l’interopérabilité entre les forges et la mutualisation des développements autour de points de convergence au travers de l'industrialisation de travaux de recherche.
Les objectifs scientifiques et techniques sont:
Les objectifs industriels sont: